Images de Tananarive

Souvenirs d'un voyage à Madagascar

27 juillet 2008

Les enfants

D'une manière générale, Antananarivo ne donne pas l'image d'une ville riche. Bien au contraire. Mais de tous les spectacles, celui des enfants livrés sans rien à la rue est le plus dur à soutenir.

Enfants_dormant_dans_la_rue

Sur ce trottoir par exemple, en pleine journée et à même le sol, dorment deux jeunes adolescents, en haillons, pieds nus, d'une saleté repoussante, dans l'indifférence totale des passants. L'abandon des enfants fait partie de la vie quotidienne des Malgaches.

Aucun quartier n'est épargné par cette misère.

Pr_s_de_la_pr_sidence

J'ai pris cette image au pied de la présidence de la République, et de l'hôtel Colbert, où logeaient des émissaires de la banque mondiale chargés d'une mission sur l'éducation à Madagascar. On y voient un enfant de cinq ou six ans regarder ses petits camarades cherchant à manger dans une benne à ordures, à côté d'un chien qui partage leur pitence. Dans l'ordre de la rue, les enfants ne sont guère éloignés des animaux.

L_enfant_et_la_voiture

Celui-ci a peut-être quatre ans. Il vit sans chaussures, en haillons, à un carrefour proche du stade municipal (où s'entraîne l'équipe malgache de rugby, vice-championne d'Afrique!). Son jeu consiste à courir derrière les voitures au moment où elles démarrent. Dans l'indifférence générale, bien entendu.



Les enfants de Tana

Contrairement à certaines stations balnéaires où, semble-t-il, la prostitution infantile est un fléau si insupportable que les hôteliers qui se respectent désertent les lieux, Tana est plutôt (en apparence en tout cas) épargnée par ce problème. On retrouvera dans la catégorie "misère" quelques images qui montrent toutefois le vrai scandale que constitue l'existence de certains enfants.

Beaucoup d'autres, toutefois, sans respirer l'abondance, vivent une enfance semblable à celle de la majorité des enfants.

Enfant_sur_les_hauteurs

Cet enfant, par exemple, grandit à flanc de collines, dans une ruelle qui domine la ville. Sa soeur a ses côtés joue pieds nus.

La_petite_soeur

Ses enfants ont l'insouciance apparente des enfants du monde, avec un sourire accueillant, chaleureux, et réservé.

Ceux-là, pris au point panoramique du Rova, attendent sous le soleil en regardant passer les nombreux touristes occidentaux qui parcourent la vieille ville.

Enfants_pr_s_du_Rova

Les différences de physionomie montrent bien comment, à Tana, les différentes tribus se sont mélangées et coexistent dans les mêmes joies et les mêmes peines.

Ceux qui suivent jouaient à proximité de la cantine du marché.

Enfants___la_cantine*

Les plus petits sont impressionnés par l'objectif, alors que les plus grands affichent leur plaisir à être pris en photo. C'est toujours une petite cérémonie à Madagascar.

Enfant___la_mandarine

Les enfants de Tana qui échappent au misérable sort de la rue ont dans les yeux une sérénité lointaine que ce petit, nourri à la main par son père, exprime magnifiquement.

Posté par Brulard à 20:01 - Gens de Tana - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Au marché...

C'est surtout au marché que les rencontres se font. On privilégiera le marché central, à côté de l'avenue de l'Indépendance, où tout se trouve et tout se vend. Il draine une foule impressionnante de clients qui viennent quotidiennement se ravitailler ici.

Au_march_

Le voyageur occidental est évidemment peu habitué à ces viandes exposées sans moyen de réfrigération souvent sous un soleil de plomb. Mais l'ensemble a fière allure, et les bouchers sont heureux de montrer leurs étals.

Les_quatre_bouchers

En fait, il est assez rare que les Occidentaux se commettent dans ces endroits qui sont vraiment le lieu où les habitants de Tana (du moins ceux du centre historique) se retrouvent pour faire leurs courses. Ils y sont donc accueillis avec une vraie sympathie.

Vieux_au_march_

Ce vieux par exemple, a pris plaisir à se faire photographier. IL affiche une mine sérieuse et fière. Son physique merina ajoute à ce port altier.

Je n'oublie pas non plus ce boucher au physique asiatique plus prononcé, qui a accepté que je le prenne en photographie. Avec ses petites lunettes rondes, il avait un air d'intellectuel, visage impassible, regard vif, qui tranchait singulièrement au milieu des découpes de zébu suspendues aux crochets de son échoppe.

Boucher_au_march_

Au marché, à Tana, il ne faut pas manquer une espèce de grande cantine sombre où les clients s'attablent rapidement devant un plat de légumes ou de riz aux saucisses. On voit ici la serveuse de l'un de ces fast-food malgaches, intimidée par l'objectif.

La_serveuse_de_la_cantine

Dans cet univers accueillant et discret, il faut prendre le temps de parler aux gens qui attendent on ne sait pas toujours quoi. C'est le désoeuvrement de la misère. Un simple mot peut suffire à établir un contact chaleureux.

Inconnu_au_march_

Souvent, l'envie de communiquer pousse d'ailleurs ces passants à des saynètes amicales qui enjolivent l'image. Ainsi, beaucoup de Malgaches voient l'Occident à travers des représentations glanées ça et là à la télévision.

Kung_Fu_au_march_

Ici, un jeune Malgache renvoie à l'objectif l'image qu'il s'est forgée de l'Occident: des gestes empruntés aux arts martiaux... exprimant avec un sourire chaleureux une réaction de défense agressive face à l'autre...

Posté par Brulard à 19:45 - Gens de Tana - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 juillet 2008

Les passants

Les habitants de Tana sont fiers, mais accueillants et souvent disposés à accepter d'être pris en photographie. L'appareil numérique est un luxe rare sur l'île, comme le camescope, et peut se révéler un moment de partage agréable, dès lors que l'on visionne avec les modèles d'un jour les images prises.

Trois_habitants_des_coteaux

Il faut parcourir les coteaux de la capitale, descendre les escaliers, et flâner au hasard des paysage surbains pour avoir une chance d'être admis par les habitants. Ceux-ci discutaient amicalement dans une ruelle. Ils étaient cinq, trois ont accepté d'être photographiés.

Toujours dans les ruelles accrochées aux collines, le touriste fait des rencontres venues d'un autre monde. Rares sont les Malgaches qui se paient le luxe d'une voiture. Les déplacements se font à pied, et le transport de marchandises se fait sur la tête.

Les_porteuses

Ici, deux femmes apportent des légumes chez elles. Elles ont le pas lent des gens fatigués qui ménagent leurs efforts pour atteindre leur but. La consommation de légumes à Madagascar est vécue comme un pis-aller par les Malgaches: le prix du riz a monté, alors qu'il est la base de l'alimentation (matin, midi et soir). Les insulaires se rabattent sur la verdure pour compenser le riz qu'ils ne peuvent plus acheter en quantité suffisante pour satisfaire leurs besoins.

Sur_les_coteaux__1

D'une manière générale, l'état sanitaire de la population est médiocre. Les sourires sont parfois forcés. Ils dissimulent mal une souffrance lancinante, une vie pénible que beaucoup sentent en voie de dégradation.

Sur_les_coteaux__2

Les visages sont burinés et les regards portent une inquiétude discrète.

Pr_s_d_Ampifeloha

Malgré ces difficultés quotidiennes, confier son image à un appareil photographique est une fierté qui contribue à l'expression d'une dignité que beaucoup ne boudent pas. Ce passant m'a par exemple demandé de le prendre en photo, en m'annonçant qu'il me téléphonerait en France pour me donner de ses nouvelles.

Posté par Brulard à 20:23 - Gens de Tana - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Vendeurs à la sauvette

Difficile d'échapper aux vendeurs et vendeuses à la sauvette qui proposent une multitude de produits à destination des touristes: gousses de vanille, épices, petits objets d'artisanat, etc. De vrais bazars ambulants.

Vendeuse___la_sauvette_place_de_l_Ind_pendance

Cette photo est prise sur la place de l'indépendance, avec le ministère des finances en arrière-plan. A la proximité de la présidence de la république, cet endroit est un rendez-vous pour les gens des rue qui se jettent sur les touristes pour gagner leur maigre pitance quotidienne. Une concurrence acharnée fait rage.

Parfois ce commerce précaire est le fait de très jeunes filles qui portent des enfants sur leur dos.

Vendeuses_de_vanille_avec_enfant

Celles-ci proposent leur marchandise à proximité de l'ambassade des Etats-Unis, dans un quartier charmant où l'architecture coloniale est restée préservée.

La misère est grande à Tana, et la vente à la sauvette est une activité très largement partagée dans la population. Ici, une vieille femme croisée sur le chemin du Rova propose également, la mine sérieuse et altière, des gousses de vanille et des objets pour les enfants.

Vieille_femme_au_pied_du_Rova

Posté par Brulard à 20:05 - Gens de Tana - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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